Samstag, 11. Januar 2014

"Laissez venir à Moi les petits enfants"

Un soir, après une journée fatigante que le Seigneur avait passée à prêcher et à parler sans interruption avec le peuple, les pharisiens et ses disciples, quelques mères vinrent à Lui avec leurs enfants pour qu'Il les bénît. Les disciples cependant, ne voulant pas qu'ils dérangent le Seigneur, ne les laissèrent pas s'approcher. Le Seigneur dit alors ces paroles aimantes: «Laissez venir à Moi les petits enfants» (Lc 18:16). C'est exactement le devoir des parents chrétiens. Les obligations des pères et mères consistent à conduire leurs enfants au Christ Sauveur.
Mais vous allez me dire: «Comment est-il possible de faire cela maintenant que le Sauveur ne prêche plus sous une forme humaine sur terre?»
Cela s'accomplit si les parents mettent leurs enfants en contact avec le Christ Sauveur par la foi en Lui et les sacrements de notre Sainte Eglise et s'ils leur apprennent à L'aimer ardemment et à obéir à Ses paroles. L'éducation chrétienne des enfants est la route qui mène à Lui.
Le grand dommage de notre époque est que les enfants n'ont pas une bonne éducation. Vous, parents, vous vous en plaignez bien assez et malheureusement, vos plaintes sont bien fondées. Personne ne doute qu'à notre époque l'éducation des enfants soit très déficiente. On peut dire qu'elle est malade. Lorsqu'un médecin veut guérir un malade, la première question qu'il lui pose est: «Qu'est-ce qui vous fait mal?» Nous allons donc demander, nous aussi, tout d'abord: «Qu'est-ce qui fait mal à l'éducation de nos enfants?»
Ceux qui passent beaucoup de temps avec des enfants nous diront —s'ils sont sincères — que ce qui caractérise la jeunesse, c'est la négligence de leurs devoirs chrétiens. Les maîtres de religion dans les institutions d'éducation nous apprennent qu'à l'école, on rencontre souvent des enfants dont la famille ne se soucie pas du tout de leur éducation religieuse.
Si on demande à des enfants: «Pries-tu Dieu?» on reçoit fréquemment la réponse suivante: «Nous ne prions pas à la maison».
Les efforts des éducateurs ne trouvent souvent aucun soutien à la maison. Il est presque impossible de faire venir les enfants à l'Eglise au moment où ils doivent le faire et l'on voit même de petits enfants qui sont indifférents à l'église et à la prière. On entend souvent des enfants d'âge scolaire poursuivre des conversations impudentes concernant la vérité, dire des mensonges, faire des serments, des blasphèmes honteux ou même des déclarations nettes d'incroyance.
Nous remarquons de plus que les vertus qui devraient orner l'enfance font défaut chez les enfants de notre époque.
À propos de Jésus, nous lisons qu'à l'âge de douze ans Il allait avec ses parents au temple de Jérusalem et Il leur était soumis. Il grandissait et «croissait en sagesse, en stature et en grâce devant Dieu et devant les hommes» (Lc 2:52). Il est le modèle pour tous les enfants — c'est Lui qu'ils devraient imiter. Mais est-ce que c'est ce qui se passe aujourd'hui?
Permettez-moi de vous rappeler quelques-uns seulement des manquements des enfants actuels dont vous vous plaignez et je crois que vous serez d'accord avec moi.
Tout d'abord, vous dites vous-mêmes que vos enfants ont perdu leur modestie et vous vous plaignez de leur grossièreté, de leurs caprices, de leur cruauté et de leur sauvagerie. Il nous suffit d'observer comment certains enfants se comportent à l'égard de leurs parents et leurs ainés!
Vous vous plaignez vous-mêmes de la désobéissance et des mensonges de vos enfants, vous n'êtes pas d'accord avec leur attitude désinvolte en face de la vie et vous vous inquiétez parce qu'ils ne veulent entreprendre aucun travail sérieux. Vous faites des remarques sur leur manque d'attention et leur désir de gratification instantanée qui les domine.
Vous dites, en plus, que les enfants sont familiers de choses que même les adultes ne mentionnent qu'avec honte, et dont, selon les paroles de l'Apôtre, même des Chrétiens d'âge mûr ne devraient discuter.
Mais qui est responsable de tout cela?
La réponse courte mais exacte à cette question est la suivante: Si les enfants n'ont pas une bonne éducation, la responsabilité principale en incombe aux parents.
Certes, peu de parents reconnaîtront cela. La plupart croient et se vantent de remplir leur devoir consciencieusement. Mais qui est à blâmer quand les enfants ne reçoivent pas une éducation convenable?
Peut-être allez-vous commencer à faire des reproches à Dieu! Mais Dieu a tout arrangé pour que la bonne éducation de vos enfants vous soit aisée. Dès le commencement, Il bénit l'union de l'homme et de la femme et rendit le lien du mariage indéfectible, pour permettre aux deux époux, grâce à leur amour commun pour leurs enfants, de les conduire au bien. Notre Seigneur Jésus Christ a élevé le mariage au rang de Sacrement en donnant aux parents l'assistance de la grâce divine, indispensable s'ils veulent remplir leur devoir. qui est celui de bien élever leurs enfants.
Au petit enfant, Dieu a donné un Ange gardien. Par le sacrement du Baptême, Il a lavé l'âme de l'enfant du péché originel, et par le Sacrement de la Chrismation, il l'a pourvu de pouvoirs particuliers de grâce, de sorte que, avec le soutien des parents, chaque semence de bien puisse produire «beaucoup de fruits». Enfin, par le Sacrement de la Sainte Communion, le petit enfant s'unit mystiquement au même Seigneur, est fortifié dans sa vie spirituelle, et reçoit un gage de la vie éternelle.


Que peut-Il faire de plus pour aider les efforts des parents? Non, Dieu n'est pas coupable si la bonne éducation fait défaut et qu'en conséquence, vos enfants tournent mal.
Peut-être est-ce la faute des enseignants et des catéchistes? Je répondrai avec les paroles de l'ancien auteur Gidilianos: «Les enfants n'acquièrent pas de mauvaises habitudes à l'école; ils les apportent avec eux à l'école.»
En général, le mal vient des parents qui donnent à leurs enfants un mauvais exemple. Dès leur plus jeune âge, les enfants voient et entendent des choses à la maison qu'ils auraient du ignorer encore longtemps. C'est ainsi que, dès le début de leur vie, ils s'accoutument à diverses situations pécheresses. Les pauvres enfants se remplissent de vices avant même de savoir ce qu'est un vice!
Quand ils vont enfin à l'école et que les enseignants et les catéchistes les prennent en main, il est déjà très tard. Souvent, les enfants ont déjà été gâtés à la maison et apportent à l'école diverses habitudes néfastes — mensonges, tricherie, comportement impudent, etc. Que peut faire le maître ou le catéchiste pendant les quelques heures que l'enfant passe à l'école, si le milieu familial lui est contraire?
Se peut-il que les enfants eux-mêmes soient coupables?
Non, bien-aimés! On peut faire ce que l'on veut d'un petit enfant. Son âme est comme de la cire molle — elle peut recevoir l'empreinte de l'image de Dieu aussi facilement que celle du diable. Et l'empreinte qu'il recevra dépend de son éducation.
Mais vous allez peut-être dire que les enfants ont certains mauvais penchants. En effet, c'est souvent le cas, et c'est un résultat du péché originel. Par exemple, un enfant a une nature coléreuse, un autre a tendance à être paresseux ou susceptible, etc. Mais l'éducation est faite pour cela, les parents sont faits pour cela — pour arrêter le développement de ces mauvais penchants. Par un dressage approprié, même des animaux sauvages peuvent être adoucis et apprivoisés. Pourquoi ne saurions-nous pas atténuer les mauvaises propensions des hommes raisonnables par un bon "dressage"? Ces propensions ne deviennent des vices que si on les laisse se développer sans intervenir et si on ne les maîtrise pas par une saine éducation chrétienne.
"Mais", dites-vous, "mon -fils et ma fille sont des enfants sages; ce sont leurs amis qui les ont corrompus. Leur mauvais exemple est la cause de tout."
Supposons que vous avez raison. Mais à qui la faute si vos enfants ont de mauvaises fréquentations? N'est-ce pas le devoir des parents que de faire attention aux fréquentations de leurs enfants? Est-il un bon berger celui qui regarde tranquillement comment une partie de son troupeau se perd dans un marécage? Et si des parents laissent aller leurs enfants où ils le veulent, sans surveillance, qui est responsable de leur ruine? Sûrement personne d'autre que ces parents eux mêmes.
Peut-être les parents peuvent-ils accuser l'esprit subversif de l'époque. Beaucoup de parents se plaignent: «Notre époque est très mauvaise. Quand nous étions jeunes, la situation était bien meilleure: il y avait plus de crainte de Dieu, les enfants écoutaient leurs parents et les respectaient». Il y a beaucoup de vérité dans ces paroles. L'atmosphère qui règne à notre époque n'est malheureusement pas bonne. L'autorité, quelle qu'elle soit, est rarement reconnue. Le respect pour les maîtres et les aînés est considéré comme "démodé".
Personne ne peut douter, hélas, que les enfants, particulièrement les étudiants, soient influencés par l'esprit subversif de l'époque. Mais est-ce que cela dégage les parents de toute responsabilité?
Mais si les parents eux-mêmes, et surtout les pères, sont d'accord avec l'esprit du temps, et croient qu'ils ne doivent pas naviguer à contre-courant, il devient alors difficile sinon impossible de protéger les enfants de l'influence destructive de l'époque. Si le père est «libre-penseur», «moderne», «progressiste», s'il ne prend pas au sérieux ses devoirs religieux, ne va pratiquement jamais à l'église, parle avec passion contre la religion ou se moque des vérités de la foi, alors, comment peut-il s'attendre à obtenir le respect de ses enfants?
Si les parents ne respectent pas Dieu et sa Sainte Église, comment les enfants pourront-ils reconnaître l'autorité de leurs parents? En outre, si les parents, surtout devant leurs enfants, raillent l'ordre de l'Église, parlent mailde ses représentants et critiquent leurs décisions, leurs enfants vont naturellement perdre le respect envers eux.
Donc, parents, si vous ne voulez pas que l'esprit dévastateur de notre époque infecte vos enfants, protégez-vous d'abord vous-mêmes de son influence en mettant en pratique de façon conséquente la loi de Dieu et l'enseignement de l'Église Orthodoxe.
Je crois que. nous avons montré clairement que c'est vous, les parents, qui êtes les premiers responsables si vos enfants ne reçoivent pas une bonne éducation.
Tout ce que nous avons dit est fondé sur la Sainte Écriture dans laquelle parle le Saint Esprit, l'Esprit de Vérité. Nous lisons même dans l'Ancien Testament. "Avant la mort, ne proclame personne heureux, c'est dans ses enfants que l'on reconnaît un homme" (Si 11:28). Cela veut dire que la valeur des parents et leur manière d'éduquer se reconnaît à la vie de leurs enfants. Même dans le monde païen, les parents étaient tenus pour responsables des défauts de leurs enfants. Lycourgos, le célèbre législateur de l'antique Sparte, ordonna que les parents fussent punis pour les crimes de leurs enfants! Pourquoi? Parce que les parents pouvaient prévenir cela et y étaient obligés. Le philosophe Diogène frappa une fois le père d'un garçon qui disait une obscénité devant lui. Pour quelle raison? Parce -que le père ne l'avait pas bien élevé.
Nous avons vu, par conséquent, que les parents sont les principaux responsables de leurs enfants devant Dieu.
Si vous voyez un arbre sauvage dans le jardin, vous n'irez pas juger l'arbre lui-même. Tout le monde critiquera par contre le jardinier qui l'aura laissé poussé comme il voulait le laissant ainsi devenir sauvage. De la même façon, les parents sont responsables des mauvaises herbes dans le coeur de leurs enfants.
Pensez donc à cette responsabilité, et n'entravez pas le chemin de vos enfants vers Dieu par votre indifférence. C'est vous qui avez la responsabilité de les conduire au Sauveur Qui les appelle et vous dit: "Laissez venir à Moi les petits enfants et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent." (Mc 10:14)

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