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Mittwoch, 6. Februar 2019
Donnerstag, 2. Oktober 2014
Le chantre pieux rayonne la grâce de Dieu- par Saint Porphyrios
"L'Ancien disait : «La musique d'Église est un enseignement ; elle adoucit l'âme de l'être humain et, peu à peu, elle l'élèνe en d'autres mondes, spirituels ; avec ces sons, elle sème plaisir, agrément, satisfaction et nous fait voyager dans un autre monde, le monde spirituel... Quand on entre peu à peu en une telle disposition spirituelle, c'est cela que l'on ressent et c'est cela que l'on doit faire. Τu peux devenir aussi un chantre égoïste : tu gesticuleras, tu prendras des attitudes stupides et tu seras vide. Τu peux avoir de la voix, émouvoir de ta voix et, cependant, cet autre, qui est réellement saint, n'a pas seulement de la voix quand il chante ; il a quelque chose d'autre, il n'est pas seulement doté d'une voix : en même temps que la voix, qui est émise sous forme d'ondes sonores, est aussi émise une certaine grâce par le moyen d'autres ondes, mystiques, qui touchent les âmes humaines et les émeuvent très profondément. Le musicien qui est, disons ainsi, vide, a tel talent. Et il plaît ainsi. Le musicien qui est saint émet aussi, en même temps que sa voix, une des ondes en série. S'accomplit ainsi un très grandmystère;"
(extrait de Anthologie de conseils de Père Porphyre aux editions de l'AGE D'HOMME- collection Grands spirituels du XXe siécle)
Dienstag, 13. Mai 2014
L'amour de Dieu et l'amour du prochain s'impliquent l'un d'autre - Saint Dorothée de Gaza
Pour que vous compreniez le sens de cette parole, je vais vous donner une image tirée des Pères.
Supposez un cercle tracé sur la terre, c' est à dire une ligne tirée en rond avec un compas, et un centre.
On appelle précisément centre le milieu du cercle. Appliquez votre esprit à ce que je vous dis. Imaginez que ce cercle, c' est le monde; le centre, Dieu; et les rayons, les différentes voies ou manières de vivre des hommes.
Quand les saints, désirant s' approcher de Dieu, marchent vers le milieu du cercle, dans la mesure où ils pénètrent à l' intérieur, ils se rapprochent les uns des autres en même temps que le Dieu. Plus ils s' approchent de Dieu, plus ils s' approchent les uns des autres; et plus ils se rapprochent les uns des autres, plus ils s' approchent de Dieu.
Et vous comprenez qu' il en est de même en sens inverse, quand on se détourne de Dieu pour se rétirer vers l' extérieur. Ils est évident alors que, plus on s' éloigne de Dieu, plus on s' eloigne les uns des autres, et que plus on s' éloigne les uns des autres, plus on s' éloigne aussi de Dieu.
Telle est la nature de l' amour. Dans la mesure où nous sommes à l' extérieur et que nous n' aimons pas Dieu, dans la même mesure nous avons chacun de l' éloignement vis-à-vis du prochain. Mais si nous aimons Dieu, autant nous approchons de Dieu par l' amour pour lui, autant nous sommes unis à l' amour du prochain, et autant nous sommes unis au prochain, autant nous le sommes à Dieu.
Extrait de Dorothée de Gaza, Instructions spirituelles, "Sources Chrétiennes" No 92
Ed. du Cerf, Paris, 1963, chap. 78, p.285-287.
Sonntag, 4. Mai 2014
Archimandrite Thomas: Saint Jean ( Maximovitch)
Saint Archevêque Jean
Réjouis-toi, Saint Hiérarque Jean,
toi qui allas vers tous les méprisés,
et tous les ignorés,
toi qui t’es approché
des enfants abandonnés et délaissés
pour les accueillir
et leur offrir ta protection.
Très chers frères et sœurs,
Parler du Père Jean semble facile pour autant que l’on n’entre pas dans le détail des évènements de sa vie, car les actions miraculeuses et les lignes forces de sa passion évangélique et christologique étaient caractéristiques de sa vie unique et resplendissante. Mais combien difficile est-il, par contre, de s’efforcer de s’approcher de la profondeur exceptionnelle et de la ténacité inégalée qu’il déployait dans ses activités.
Pour la petite histoire il est toujours agréable de rappeler l’irritation de la noblesse, qui n’hésitait pas à s’adresser à la hiérarchie ecclésiale pour ordonner à ce « va-nu-pieds » d’évêque, de se chausser. Dans la plus parfaite obéissance Vladika accepta les chaussures qu’on lui offrit pour les emporter sous ses bras, déclenchant ainsi l’hilarité de certains mais surtout l’irascibilité d’autres qui n’y comprenaient rien.
Tout aussi plaisante est l’histoire de l’invitation à dîner qu’il avait reçue et où il avait été placé en tête de table, près de l’épouse de l’hôte qui s’était ornée les lèvres du rouge le plus flamboyant, alors qu’il était bien connu que Vladika avait une sainte horreur du rouge à lèvre. Il feignit ne pas réagir à cet éblouissant spectacle coloré mais au moment où la soupe fut servie, il la porta à sa bouche et la versa sur ses lèvres d’où elle dégoulinait dans sa barbe, la décorant ainsi de vermicelles. Soudain, la dame comprit la raison du comportement étrange de l’évêque et s’empressa, aussitôt, d’essuyer son rouge à lèvre, sur quoi l’évêque poursuivit normalement son repas.
Il n’avait nullement l’intention de se rendre intéressant, ce qu’il faisait, en revanche, c’était de rendre l’assistance attentive à l’importance de vivre sa vie en Christ ; il voulait être un véritable évêque, un berger pour son troupeau, un père pour ses prêtres, un successeur et épigone du Christ, le Bon Pasteur. Et nous savons tous que Vladika Jean fut cet évêque, une icône en chair et en os de son Maître.
Après son sacre, dans sa première homélie comme évêque, il témoigna en paroles de ce qu’il ferait, magistralement, en actes plus tard : il aspirait à se donner à sa tâche corps et âme, afin de, pour reprendre ses propres paroles, achever la mission du Christ : Le Christ est descendu sur la terre pour rétablir en l’homme l’icône de Dieu qui avait été dénaturée ; pour appeler les hommes afin de les ramener à l’unité. Il appartient au berger de renouveler et d’éclairer les hommes. Que peut-il y avoir de plus grand que de recréer la Création de Dieu ? Que peut-on offrir de mieux à son prochain que la préparation à la vie éternelle ? C’est de cela, précisément, qu’il avait fait sa mission : ouvrir à tous les portes du Royaume de Dieu, sans distinction de race, de couleur ou de langue, en disant : Pénétré de l’universalité de l’Eglise, le soin du berger ne saurait se limiter aux seules brebis qui lui ont été confiées, mais il doit porter les yeux de son cœur sur la totalité de l’Eglise du Christ.
Vladika Jean n’appréciait pas le luxe, ni la pompe ni l’éclat. Jamais il ne s’y était associé en donnant pompeusement des ordres depuis les hauteurs de son trône épiscopal. Jamais il ne cherchait à se faire remarquer ou à impressionner, il s’opposait violemment à pareil comportement. Il avait en horreur ceux qui jouent la comédie et il ne supportait pas les ecclésiastiques paradant à l’autel. La vanité dont un éventuel évêque ou archimandrite pouvait se rendre coupable déclenchait inévitablement une réaction ferme de la part de Vladika Jean. Dans ce contexte, le récit cocasse suivant est d’ailleurs bien connu : un évêque que je ne nommerai pas était tellement fier de sa nouvelle mitre que Vladika se rua sur lui et la lui enfonça de ses deux mains jusqu’au narines… la petite taille de Vladika et l’imposante stature de ce grand évêque ne faisait qu’ajouter au tableau… L’évêque était ainsi obligé de continuer à célébrer l’office à l’autel littéralement à « l’aveuglette », aveuglé qu’il était de vanité. Pour Vladika Jean, il n’y avait pas de place pour les honneurs humains ou l’orgueil à l’autel où l’on servait Dieu. Il était toujours et partout un serviteur de Dieu et le vivait humblement tous les instants de sa vie. C’est précisément cela qu’il cherchait à enseigner à tous les chrétiens, et en premier aux prêtres, car tous ceux qui se trouvaient, se trouvent ou se trouveront devant l’autel du Christ s’y trouvent en Son Nom et non en leur nom.
Il abhorrait tout signe d’autorité et défendait l’orthodoxie vraie telle qu’il l’avait pratiquée et vue pratiquée, et voulait transmettre ce savoir à tous ceux qu’il rencontrait, où que ce soit, dans tous pays ou régions, partout où il passait. Il définissait sa mission à Shanghai ainsi : «C’est pour cela qu’on m’envoie en Orient, dans les contrées dites du soleil levant, mais qui ont surtout besoin du rayonnement spirituel du Soleil de Justice. » Annoncer le Christ en paroles, et humblement le prendre en exemple dans ses propres agissements étaient son but, sa mission sur terre. Rien ni personne ne pouvaient l’en détourner
Le Christianisme véritable ne se résume pas à des considérations intellectuelles mais doit être le cœur de la vie. Le Christ n’est pas descendu sur terre pour donner aux hommes des connaissances nouvelles, mais pour les appeler à une vie nouvelle. Son ascèse et sa vie de prière en étaient des exemples vivants et atteignaient une profondeur inimaginable selon les normes modernes. Vladika ne dormait jamais plus de deux heures par nuit, et jamais dans un lit, soit dans une chaise, soit à genoux devant les icônes. Le reste du temps il priait, car son cœur était tellement grand qu’il vivait la douleur ou la tristesse que les fidèles lui confiaient dans ses propres entrailles. Il n’est donc pas surprenant que Dieu l’ait glorifié par des signes extérieurs visibles. Pendant la proscomédie à laquelle il consacrait toujours énormément de temps, il lui arrivait d’être tellement pris par la prière qu’il s’élevait d’un demi mètre au dessus de la terre sans même qu’il ne s’en rendît compte. En célébrant la Divine Liturgie il lui arrivait souvent d’être illuminé de la lumière incréée à la plus grande stupéfaction de nombreux fidèles bien sûr.
Tout aussi remarquables étaient son amour pour l’homme et sa confiance en Dieu.
Dans une allocution il disait : «Dans son souci du salut des âmes, un berger ne peut ignorer les inévitables besoins physiques de l’homme. Il ne devrait pas être permis de prêcher l’Evangile sans effectivement manifester de l’amour. »
Ce n’était pas parce qu’il était évêque qu’il aurait renoncé à se rendre dans les quartiers les plus mal famés et les ruelles les plus sombres de Shanghai pour aller à la recherche de bébés abandonnés dans les immondices, ou d’enfants handicapés ou mutilés rejetés de la société. Il les accueillait tous dans son cœur, et un grand nombre aussi dans son orphelinat. On pourrait même dire qu’il est miraculeux qu’il n’ait pas été assassiné dans ces endroits qui ne connaissaient pas le luxe de l’électricité ; en effet, c’étaient des endroits obscurs, au propre et au figuré, où se passaient des choses qui ne supportent de toute façon pas la lumière.
Peut-être pensait-on que ce petit homme courbé qui déambulait dans les rues de Shanghai était un pauvre petit évêque dépravé à la recherche de quelque bibelot qu’il vendrait pour avoir de l’argent avec lequel s’acheter de l’alcool ou de l’opium. Les prêtres de l’époque auront sans doute également trouvé ce comportement particulièrement choquant. Mais j’ai quand même beaucoup de peine à comprendre qu’il puisse y avoir eu des prêtres qui n’appréciaient pas leur évêque, pire même, qui voulaient sa mort. Mais comment se peut-il donc, que des personnes qui prétendent annoncer et expliquer l’Evangile à l’Eglise, se permettent, pendant la Nuit Pascale, d’ourdir des complots afin d’empoisonner Vladika Jean en mélangeant du poison au vin qu’il utiliserait pour nettoyer le calice, lui, qui était un Evangile vivant, mais en tous points identique à celui que ses détracteurs proclamaient pompeusement ?
Mais il s’attendait à ce genre d’avatars lorsqu’il disait : La tâche d’un berger n’est pas facile, car il doit lutter contre la nature de l’homme contaminée par le péché; souvent il se heurte à l’incompréhension, ou à l’opposition délibérée, voire à la haine de ceux qu’il aime et qu’il essaie de secourir. Le sens du sacrifice de soi, l’amour qu’il porte à son troupeau doivent être incommensurables.
Vivre réellement et foncièrement l’Evangile dans ces proportions radicales là, ne plaît sans doute pas trop à l’homme parce que cela le force à réfléchir et à méditer sur ses propres actes. Pareille introspection interpelle la conscience et suscite des interrogations et des défis que l’on préfère esquiver. Des déclarations grandiloquentes et ronflantes à propos du « multiculturalisme » et de « l’inter religiosité » ne lui étaient pas réservées. Seul comptait son amour chaleureux et cordial pour ceux qui étaient marqués par la vie ou ployaient sous la tristesse et l’échec. C’est à eux que s’adressaient toute son attention et ses soins, sans distinction de race, de couleur, de sexe, d’origine, ou de confession. Entendons ses propres paroles : Le berger doit sentir la douleur de ses brebis. Sa vie ne lui appartient pas, il doit être capable de subir toute vexation ou persécution, voire la mort, pour les guérir..
Quand Vladika Jean agissait, il le faisait dans la plus grande simplicité, comme simple serviteur de Dieu. Lorsqu’un jour il alla, au vu et au su de tout le monde, dans un grand hôpital de Shanghai, il s’y rendit d’abord, à la consternation générale, dans une chambre où une mère juive soignait son fils qui fut guéri par la prière de Vladika, sans qu’il ait tenu compte de la confession de cette personne. Pour Vladika Jean, toute personne, quelle qu’elle soit, était un enfant de Dieu et une icône du Christ. Là où régnait la misère, il était le premier arrivé pour apporter réconfort et consolation. L’Archevêque Jacques, de bienheureuse mémoire, racontait comment, lors du retour de Vladika Jean aux Etats-Unis après une tournée en Europe, il refusa obstinément de prendre la route de l’aéroport de Schiphol où l’avion était prêt pour le départ, pour aller, à la stupéfaction générale, au chevet d’un mourant inconnu dont il avait entendu intérieurement l’appel à l’aide. Le Père Adrien lui dit : « Vladika, vous allez rater l’avion ! » D’un mouvement brusque, il se retourna et répondit sèchement : « Est-ce que c’est vous qui assumerez les conséquences s’il devait mourir …? » Vladika s’est donc rendu à l’hôpital, a prié et entendu la confession du mourant. L’avion, toujours prêt pour le départ, n’a décollé que lorsque Vladika Jean s’était enregistré et était monté à bord.
Vladika Jean répondait aux besoins des hommes et ne permettait jamais que la moindre préoccupation sociale empêchât un prêtre de remplir ses fonctions ecclésiales. A son esprit étaient toujours présentes ces paroles de l’Ecriture Sainte : « Il ne convient pas que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des tables. » ( Actes 6,2)
Très chers frères et sœurs, la vie de Vladika Jean est truffée de scènes miraculeuses qui faisaient et font encore toujours le tour du monde, même sur l’internet maintenant. Exemplaires et réputés étaient l’élan foncièrement chrétien et la passion évangélique de son parcours de vie : une vie d’humilité dans son amour énorme et à la fois noble pour Dieu, pour l’homme, et pour la vérité de la Foi Orthodoxe. N’est-il pas regrettable que ceux qui suivent son exemple soient si rares?
Source: http://orthodox.be/PRE0016F.html
Donnerstag, 1. Mai 2014
"Μon royaume n’est pas de ce monde"
Archiprêtre Lambert van Dinteren
Il me semble qu’un trait essentiel du message du Christ consiste en cette affirmation que le royaume qu’Il est venu instaurer n’est «pas de ce monde»: «mon royaume n’est pas de ce monde (…) mon royaume n’est pas d’ici» (Jean 18). Et ainsi tous ceux qui le suivent, sont également «pas de ce monde», tout en étant «dans le monde» : «Ils sont dans le monde» mais «ils ne sont pas du monde, comme moi Je ne suis pas du monde»(Jean 17).
Jésus parle aussi d’un «monde nouveau » (Mathieu 19, 28), en reprenant un thème que l’on trouve déjà chez le prophète Isaïe : « Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez vous pas ? (Isaïe 43, 19).
Saint Paul a formulé cette nouveauté, cette réalité qui n’est pas « selon ce monde », dans cette phrase célèbre : « Vous tous, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ: il n’y a ni Juif, ni Grec, il n’y a ni esclave, ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme, car tous, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Galates 3).
Pour nous les chrétiens, il n’y a donc plus cette distinction, autrefois si importante puisque garantie de la pureté du «Peuple élu de dieu», entre ce «Peuple de dieu» et «les peuples», entre « ceux qui ont la foi pure » et « les païens». Et dans ce cadre, les distinctions «ethniques» et «nationales » ont été surmontées également : notre patrie «n'est pas ici-bas» (Hebr. 13, 14) , nous sommes nés dans un pays, mais nous y sommes « étrangers et voyageurs » (Pierre 2, 11), toujours en route vers « le monde à venir » (Hebr. 6, 5). Nous ne sommes donc plus « russes » ou « roumains », nous ne sommes plus « rom » ou « gadjé », nous ne sommes plus « Français de souche » ou « immigrés », nous sommes tout simplement tous des étrangers. Ainsi, nous n’appartenons pas à une quelconque nation , pire encore, nous n’appartenons même plus à une famille : « qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (Mathieu 10, 37, comparez également Mathieu 19, 27-29).
Toutes les divisions sociales ont également été surmontées. Il n’y peut y avoir une couche qui «possède» et une autre qui est « à la merci » de ce que « les riches laissent tombés de la table ». Dieu a « renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles » selon la mère de dieu (Luc 1, 52) et les pauvres sont les heureux de dieu, héritiers du royaume, selon le Christ (Luc 6, 20).
Il n’y a pas non plus cette opposition qui semble venir des fonds des temps entre homme et femme. Distinction néfaste, puisque basée sur une idée de suprématie de l’homme sur la femme, de la soumission de la femme à l’homme. Toute la vie de Jésus montre le respect du Christ pour les femmes avec comme point culminant les femmes premières témoins de sa résurrection.
Tout ceci va bien loin, mais il faut que nous nous rappelions sans cesse que, Chrétien, nous sommes «baptisés dans sa mort », « morts avec le Christ », «afin que comme le Christ est ressuscité des morts (…) nous vivions nous aussi, dans une vie nouvelle » (Romains, 6).
http://orthodoxedenantes.free.fr/
Mittwoch, 30. April 2014
Saints Isaac le Syrien: Perles
Notre père parmi les saints Isaac le Syrien est né au Qatar. Assoiffé de Dieu, il entra très jeune au monastère avec son frère. Il fut très vite renommé pour son ascèse et fut remarqué par Georges, le Catholicos qui l'ordonna évêque de Ninive. Après cinq mois il résigna sa charge et partit dans le désert du Mont Matout, refuge d'anachorètes.
Il vécut là une vie solitaire ascétique, ne mangeant que quelques légumes crus et trois pains par semaine. L'étude constante de la Divine Ecriture abîma ses yeux et finalement la cécité et le grand âge le forcèrent à se retirer au monastère de Chabar où il mourut et fut enterré.
*
° Ce qu'est le sel pour la nourriture, l'humilité l'est pour toute vertu: Pour l'acquérir, l'homme doit toujours penser à lui-même avec contrition, s'abaisser et se juger. Mais si nous l'acquerrons, elle fera de nous des fils de Dieu.
°Aimons le silence jusqu'à ce que le monde en vienne à mourir en nos cœurs. Souvenons-nous toujours de la mort, et dans cette pensée, rapprochons-nous de Dieu dans notre cœur, et les plaisirs de ce monde n'auront que notre mépris.
° Marchez devant Dieu avec simplicité et non dans les subtilités de votre intellect. La simplicité apporte la foi, mais les spéculations subtiles et compliquées n'apportent que la suffisance et celle-ci amène la séparation d'avec Dieu.
° Un homme dont la tête est sous l'eau ne peut inhaler de l'air pur, ainsi un homme dont les pensées sont plongées dans les soucis du monde ne peut pas absorber les sensation du Monde à venir.
° C'est un don spirituel de Dieu pour l'homme que de percevoir ses péchés.
° L'aise et l'oisiveté sont la destruction de l'âme, et elles la blessent plus que ne le font les démons.
° Une vie d'efforts spirituels est mère de sainteté; d'elle naît la première perception des mystères du Christ, ce que l'on appelle le stade premier de la connaissance spirituelle.
° Avoir de la rancune et prier, revient à semer des graines sur la mer et à s'attendre qu'il y ait une moisson.
° Une discipline modeste mais continue, est une grande force: une goutte d'eau molle tombant avec persistance, perce finalement un grand rocher.
° L'apathie (absence de passion) ne signifie pas que l'homme ne ressente pas de passions, mais qu'il n'accepte aucune d'entre elles.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après Orthodox America
Dienstag, 22. April 2014
Lettre sur la crainte par mère Gabrielle (Papayannis)
La crainte du Seigneur est le principe du savoir (Proverbes 1,7)
Ne crains pas, petit troupeau (Luc 12,32)
L’Amour parfait exclut la crainte (1 Jean 4,18)
Dieu est Amour (1 Jean 4,16)
On trouve chez l’Homme plusieurs formes de crainte :
1) " Je vais faire quelque chose que l’autre ne veut pas et il va me punir, me nuire "... (par exemple, l’écolier) ; 2) " Parce que j’aime beaucoup cette personne, je ne veux pas lui faire de peine " ... (par exemple, l’enfant par rapport à sa mère) ; 3) " Si je fais ceci, je perdrai l’intérêt et la bienveillance de la part de l’autre "... (très mesquin, peur humiliante).
La crainte est la source de beaucoup de maux pour le caractère : elle le rend hypocrite, menteur, de mauvaise foi. Souvent, ce sentiment humiliant de peur altère notre caractère : " Qu’en dira-t-on de moi ? " ; et nous trahissons ainsi l’Amour de Dieu pour plaire aux hommes. C’est une Hydre de Lerne [monstre mythique, serpent à plusieurs têtes] que cette peur : " Que va dire le monde... " Mais quel est ce monde ? Est-il votre idéal ? Aimeriez-vous être comme lui ? Si vous vous posiez avec sincérité la question, vous diriez Non. Par conséquent, pourquoi trahissez-vous l’Amour de Dieu et Sa Vérité pour lui ? Dieu dit : " Vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous rendra libres " (Jn 8,32).
La crainte est la première passion... C’est vrai que nous avons assez parlé de la peur de ce monde à cause de laquelle nous perdons notre équilibre. Pourtant, nous montons dans un taxi et nous croyons que le conducteur ne va pas cogner contre un arbre. Nous prenons l’avion et nous pensons que le pilote ne manquera pas de maîtrise – sinon nous serons tous perdus. Je connais un archevêque qui a eu un accident de voiture en plein désert et qui, les yeux remplis de petits débris de verre, n’avait pas eu peur et priait pour que la volonté de Dieu se fasse dans sa vie... et les docteurs ont vu, stupéfaits, s’achever ce miracle de guérison. Ou alors, vous voyez cinquante morts dans un accident d’avion et une petite fille se lancer du hublot - vivante !
Dans cette vie où seuls nos organes nous informent de tout, si nous n’appliquons pas ce que le Christ a dit : " Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira " (Mt 7,7), nous ne pourrons pas nous libérer de cette crainte innée en nous. Crainte pour quoi ? Pour l’inconnu, pour l’invisible, pour cet état d’après la mort. Car depuis son enfance même, l’Homme a la sensation d’être un ange déchu du ciel. […] C’est la peur innée qu’a l’Homme déchu. Puis le Sauveur vient et te dit " Sois sans crainte, crois seulement " (Mc 5,36).
C’est pour cela que je dis que nous avons besoin de trois choses. D’abord la Foi, deuxièmement la Foi et troisièmement la Foi. Que Dieu nous accorde la grâce de ne jamais dire : " Je crois ! Aide-moi car je manque de foi " (Mc 9,24). JAMAIS ! Que nous a-t-il dit ? " Ô femme, grande est ta Foi ! Qu’il t’arrive comme tu le veux " ! (Mt 15, 28). Et à un autre : " Tu crois que tu te rétabliras " ? " Je le crois "... Et il guérit sur le champ... " Est-ce que tu crois que tu vas voir de nouveau " ? " Je le crois "... Et les yeux de l’aveugle s’ouvrirent. À l’apôtre Thomas, qu’a-t-il dit ? " Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu " (Jn 20,29). J’ajoute personnellement et humblement : parce qu’ils vont voir, maintenant et à partir de ce monde.
Que dire encore ? Est-ce que je dois vous parler du petit enfant dans les bras de sa mère, dans le bus qui cahotait ? Sa petite tête était penchée sur le cou de sa mère. Il dormait. Il ne se souciait de rien. Il avait l’assurance de l’amour. Donc ? Si quelqu’un peut donner cette assurance, combien plus Dieu, qui est Amour ? Quand j’ai commencé à voyager à l’étranger, sans connaître personne et sans moyens financiers qui m’a donné l’assurance que je ne serai pas chassée, que je ne saurai où aller, que je ne tomberai pas malade, que je ne serai pas mendiante ?
Non ! Le chrétien ne sera jamais mendiant ! Car Dieu ne l’abandonne pas ! Il lui donne le pain quotidien par son travail, la sueur de son front, ou de n’importe quelle autre façon... Pendant les cinq années que j’ai vécues en Inde, dans des températures variant de -10°C à +40°C, pas une fois je n’ai eu un rhume, ou une dysenterie à cause de la nourriture que je mangeais... Comment l’homme peut-il ne pas croire quand il assiste à tant de miracles ?
Mais comment peut-il les voir s’il ne croit pas auparavant ? Vous, mes chers frères, vous avez entendu parler des histoires de la rue Midias, et comment je me suis retrouvée ici. C’est simple, j’étais sûre que ce que j’attends et ce dont j’ai besoin, Dieu va me l’envoyer. Quand nous prions et disons " Que ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel ", si vraiment nous croyons, elle se fera. Pas seulement en ce qui nous concerne, mais pour tous. C’est notre prière. Et non pas : " Je le veux pour l’autre, car je crois que c’est juste ainsi. " Seul Dieu sait ce qu’il lui faut. Aussi, " Que ta volonté soit faite pour un tel, pour un autre "... C’est aussi notre prière. Que dire encore ? Quand nous suivons les commandements de Dieu, quand nous lisons tous les jours les Évangiles, nous trouverons la sagesse de Dieu directement dans notre cœur. Pas avec la philosophie, la logique et le cerveau. Nous serons alors si paisibles... Nous n’aurons besoin d’aucun autre livre ou enseignement, où se trouve l’ego de l’écrivain ou de l’orateur. Le Seigneur donne une inspiration différente à chacun de nous, en rapport à ce que nous pouvons accepter et au Dessein de Dieu pour nos vies...
Une autre forme de peur, c’est la peur de la mort. " Ah ! Je vais tomber malade... où irai-je ? À quel hôpital ?... Qu’est-ce qui m’attend là ?... On va me traiter mal... On va me demander de l’argent, de l’argent... et quand je n’en aurai plus... que se passera-t-il ? Comment irai-je à l’étranger où là seulement on guérit le monde " ? Pauvres créatures ! Elles ne savent pas que la main de Dieu tient celle du docteur ! Et que les épreuves qu’elles doivent passer, elles les passeront ! Les plus grandes guérisons que j’ai vues dans ma vie, étaient celles d’un médecin cupide ! J’ai demandé à mon ange gardien : " Comment se fait-il que Dieu permette à ce médecin tout cela " ? La réponse a été : " Dieu aide le souffrant qui doit guérir et laisse le médecin rendre compte de ses actes à un autre moment "... Nous investissons à la banque, investissons, investissons... C’est à ce moment que commence notre épouvante ! " Le dollar est en hausse, le franc en baisse... Que va-t-il se passer si nous perdons ? Où irons-nous si une guerre éclate ?... Sauvons notre corps ! " Ah ! Ne souffrons pas... : " Une fin chrétienne, sans douleur, sans honte, paisible " [ecténie des demandes]. Nous le demandons avec effroi. À QUI ? À celui dont la fin de sa vie a été douloureuse, honteuse. Que Dieu nous pardonne ! Aussi le Alpha et le Oméga est : " Je crois Seigneur, je t’aime et j’essaie jour et nuit d’appliquer ton premier commandement ". Tout le reste lui appartient. Pas à moi. Ni quand, ni où, ni comment. J’ai parlé ainsi à mon Bien-Aimé [Dieu, cf. le Cantique] et il a envoyé son émissaire à mes côtés, pour que je continue à vivre dans l’insouciance, aux pieds du Christ, jour et nuit. Amen.
Mère Gabrielle
Léros, le 15 février 1992.
Léros, le 15 février 1992.
Montag, 14. April 2014
Le devoir de prier continuellement - St Grégoire Palamas de Thessalonique
Qu'on n'aille pas penser, frères chrétiens, que seuls les prêtres et les moines ont le devoir de prier continuellement, et non les laïcs. Non, non. Tous les chrétiens ont en commun le devoir de se trouver toujours en prière.
Le Patriarche de Constantinople Philothée écrit dans la Vie de saint Grégoire de Thessalonique, que celui-ci avait un ami bien-aimé nommé Job, un homme très simple, très vertueux. Un jour que le saint était en conversation avec lui, il lui parla de la prière, il lui dit que tout chrétien devait simplement toujours s'efforcer de prier, et prier continuellement, comme l'ordonne l'apôtre Paul à tous : "Priez continuellement"et comme le dit le prophète David, bien qu'il fût roi et eût tous les soucis de son royaume : "J'ai toujours le Seigneur devant moi", c'est-à-dire : par la prière, dans mon intelligence, je vois toujours le Seigneur devant moi. De même, Grégoire le Théologien enseigne à tous les chrétiens qu'il nous faut, dans la prière, nous souvenir du nom de Dieu plus souvent que nous prenons notre respiration.
Voyez-vous, frères, que tous les chrétiens, du plus petit jusqu'au plus grand, ont tous en commun le devoir de prier continuellement, de dire la prière intellectuelle "Seigneur Jésus Christ, aie pitié de moi", et d'accoutumer leur intelligence et leur coeur à la dire toujours ? Considérez-vous combien cette prière plaît à Dieu et quel avantage elle nous donne, dès lors que, dans son extrême miséricorde, il a envoyé un ange céleste pour nous le révéler, pour que nous n'ayons plus là-dessus aucun doute ?
Car cette prière intellectuelle est la vraie prière, la prière parfaite. Elle emplit l'âme de grâce divine et de charismes de l'Esprit, comme le parfum dont l'odeur, dans Ie vase, est d'autant plus forte que tu l'y as enfermé. Ainsi de la prière. Plus tu l'enfermes dans ton coeur, plus elle comble le coeur de grâce divine. Bienheureux ceux qui s'adonnent à cette oeuvre céleste. Car par elle ils surmontent toutes les tentations des démons malins, comme David a vaincu l'orgueilleux Goliath; par elle ils éteignent les désirs désordonnés de la chair, comme les trois enfants ont éteint la flamme de la fournaise; par elle ils apaisent les passions, comme Daniel calma les lions sauvages; par elle ils font descendre la rosée du Saint-Esprit dans les coeurs, comme Élie fit descendre la pluie sur le Carmel. C'est cette prière intellectuelle qui monte jusqu'au trône de Dieu, et est gardée dans des coupes d'or, d'où s'élève son parfum vers le Seigneur, comme dit Jean le Théologien dans l'Apocalypse : "Les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'Agneau avec leurs cithares et des coupes d'or pleines de parfum, qui sont les prières des saints." Cette prière intellectuelle est une lumière qui éclaire toujours l'âme de l'homme et allume son coeur aux flammes de l'amour de Dieu. Elle est une chaîne qui joint et unit Dieu et l'homme.
Ô la grâce incomparable de la prière intellectuelle ! Elle donne à l'homme d'être toujours en dialogue avec Dieu. Ô chose vraiment merveilleuse ! Tu es avec les hommes par le corps, et tu es avec Dieu par l'intelligence. Les anges n'ont pas de voix matérielle. Mais ils ne cessent de glorifier Dieu avec leur intelligence. C'est leur oeuvre. Et ils y consacrent toute leur vie. Donc toi aussi, frère, quand tu entres dans ta chambre et fermes la porte, c'est-à-dire quand ton intelligence ne se disperse pas ici et là, mais quand elle entre dans ton coeur, quand tes sens demeurent fermés et ne s'attachent pas aux choses de ce monde, quand ainsi tu pries toujours avec ton intelligence, tu es pareil aux saints anges, et ton père qui voit la prière cachée que tu lui offres dans le secret de ton coeur, te donnera en récompense de grands charismes spirituels. Mais que veux-tu d'autre et davantage qu'être toujours uni à Dieu par l'intelligence, comme nous avons dit, et continuellement t'entretenir avec lui, sans lequel, ni ici ni dans l'autre vie, nul homme jamais ne pourra être bienheureux ?
Donc, frère, qui que tu sois, quand tu prendras dans tes mains ce livre et le liras pour le bien de ton âme, je te prie, souviens-toi d'invoquer Dieu, de dire "Kyrie eleison" pour l'âme pécheresse de celui qui s'est donné la peine de composer ce livre et de celui qui l'a publié. Ils ont grand besoin de ta prière, pour que la pitié divine vienne sur leurs âmes comme sur la tienne. Ainsi soit-il!
(source: Philocalie)
Freitag, 11. April 2014
Le repentir par St Silouane l'Athonite
Mon âme t'a connu, Seigneur, et j'annonce ta miséricorde à ton peuple. Peuples de la terre, ne vous laissez pas écraser par la dureté de la vie. Luttez seulement contre le péché et demandez l'aide du Seigneur ; il vous la donnera, car il est miséricordieux et nous aime.
Ô peuples de la terre ! C'est avec des larmes que j'écris ces lignes. Mon âme désire que vous connaissiez le Seigneur et que vous contempliez sa miséricorde et sa Gloire. J'ai soixante-douze ans ; je vais bientôt mourir et j'écris pour vous sur la miséricorde de Dieu que le Seigneur m'a donné de connaître par le Saint Esprit ; et le Saint Esprit m'a appris à aimer tous les hommes. Oh ! que je voudrais vous placer sur une haute montagne pour que, de son sommet, vous, puissiez voir le Visage doux et miséricordieux du Seigneur, et que vos cœurs exultent de joie. Je vous dis la vérité : je ne trouve rien de bon en moi et j’ai commis de nombreux péchés, mais la grâce du Saint-Esprit les a effacés. Et je sais qu'à ceux qui luttent avec le péché, le Seigneur accorde non seulement le pardon, mais encore, la grâce du Saint-Esprit lui réjouit l'âme et lui donne une paix douce et profonde.
Ô Seigneur, tu aimes ta créature. Qui peut comprendre ton amour ou en goûter la douceur, si tu ne m'instruis pas toi-même par ton Esprit Saint !
Je te prie, Seigneur : répands sur les hommes la grâce du Saint-Esprit pour qu'ils puissent connaître ton amour. Réchauffe les cœurs abattus des hommes pour qu'ils te glorifient dans la joie et oublient les douleurs de la terre.
Ô Consolateur béni, je te le demande, les larmes aux yeux : console les âmes attristées des hommes. Donne à tous les peuples d'entendre ta voix leur disant avec douceur : " Vos péchés vous sont pardonnés ". Oui, Seigneur, il est en ton pouvoir d'accompli des miracles, et il n'y a pas de plus grand miracle que d'aimer le pêcheur dans sa chute. Il est facile d'aimer un saint : il en est digne. Oui, Seigneur, écoute la prière de la terre. Tous les peuples sont plongés dans la souffrance ; tous, ils sont abattus par le péché ; tous, ils sont privés de ta grâce et demeurent dans les ténèbres.
Ô peuples de toute la terre ! Invoquons le Seigneur, et notre prière sera exaucée, car le Seigneur se réjouit du repentir des hommes ; toutes les Puissances célestes nous attendent pour que, nous aussi, nous jouissions de la douceur de l'amour de Dieu et puissions voir la beauté de sa Face.
Lorsque les hommes gardent la crainte de Dieu, la vie sur terre est paisible et douce. Mais, de nos jours, les hommes se sont mis à vivre à leur gré et selon leur propre raison, et ils ont délaissé les saints commandements. Ils pensent trouver la joie sur terre en se passant du Seigneur, ne sachant pas que seul le Seigneur est notre joie et que l'âme de l'homme ne trouve le bonheur que dans le Seigneur. Il réchauffe et vivifie l'âme comme le soleil réchauffe les fleurs des champs, et, comme le vent qui les berce, il leur donne la vie. Le Seigneur nous a tout donné pour que nous lui rendions Gloire. Mais le monde ne le comprend pas. Et comment pourrait-on comprendre ce qu'on n'a ni vu ni goûté ! Moi aussi, lorsque j'étais dans le monde, je pensais que là était le bonheur : jouir de la santé, être beau, riche et aimé des autres. Et j'en étais devenu vaniteux. Mais lorsque je connus le Seigneur par le Saint-Esprit, je me suis mis à regarder tout le bonheur du monde comme de la fumée que le vent emporte. Mais la grâce du Saint-Esprit réjouit l'âme et la remplit d'allégresse, et, dans une paix profonde, elle contemple le Seigneur, oubliant la terre.Seigneur, fais que les hommes se tournent vers toi, pour que tous ils connaissent ton amour, et que, dans le Saint-Esprit, ils puissent voir ton doux visage ; que tous, déjà sur terre, ils jouissent de cette vision et, voyant comment tu es, deviennent semblables à toi.
Gloire au Seigneur de ce qu'il nous a donné le repentir, et par le repentir nous serons tous sauvés, sans exception. Seuls ne seront pas sauvés ceux qui ne veulent pas se repentir : c'est en cela que je vois leur désespoir, et je pleure beaucoup par compassion pour eux. Ils n'ont pas connu par le Saint-Esprit combien est grande la miséricorde divine. Mais si toute âme connaissait le Seigneur, savait combien il nous aime, alors personne ne désespérerait et même ne murmurerait jamais. Toute âme qui a perdu la paix doit se repentir,et le Seigneur lui pardonnera ses péchés. Alors la joie et la paix régneront de nouveau dans l'âme. On n'a pas besoin d'autres témoins, car le Saint-Esprit lui-même témoigne que les péchés sont pardonnés. Voici un signe du pardon des péchés : si tu hais le péché, c'est que le Seigneur t’a pardonné tes péchés.
Et qu'attendrions-nous encore ! Que quelqu'un du haut des Cieux nous chante un chant céleste! Mais au Ciel tout vit par Saint-Esprit, et sur terre le Seigneur nous a donné le même Saint-Esprit. Dans les églises, les services divins sont accomplis par Saint-Esprit ; dans les déserts, sur les montagnes, dans les cavernes et partout, les ascètes du Christ vivent par le Saint-Esprit; et si nous le gardons, nous serons libres de toutes ténèbres, et la vie éternelle sera dans nos âmes dés ici-bas.
Si tous les hommes se repentaient et gardaient les commandements divins, alors le Paradis serait sur terre, car le " Royaume Dieu est au-dedans de nous ". Le Royaume de Dieu, c'est le Saint-Esprit, et le Saint-Esprit est le même au Ciel et sur la terre.
À celui qui se repent, le Seigneur donne le Paradis et le Royaume éternel, et il se donne lui-même. Dans sa grande miséricorde, il ne se souviendra pas de nos péchés, comme il ne s'est pas souvenu de ceux du larron crucifié a côté de lui.
Seigneur, grande est ta miséricorde. Qui saura te rendre grâce comme il convient, de nous avoir donné sur terre le Saint-Esprit ?
Seigneur, grande est ta justice. Tu as promis a tes Apôtres : " Je ne vous laisserai pas orphelins ".
Maintenant, en effet, nous expérimentons cette miséricorde, et notre âme sent que le Seigneur nous aime.
Mais celui qui ne le sent pas, qu'il se repente et vive selon volonté de Dieu, et alors le Seigneur lui donnera sa grâce qui guidera son âme. Mais si tu vois un homme qui pèche, et que tu n'as pas de compassion pour lui, alors la grâce t'abandonnera.
Il nous a été commandé d'aimer ; l'amour du Christ a pitié de tous les hommes, et le Saint-Esprit apprend à l'âme à observer les commandements divins, et lui donne les forces pour accomplir le bien.
Esprit Saint, ne nous abandonne pas. Quand tu es avec nous, l'âme entend ta présence et elle trouve en Dieu sa béatitude, car tu nous enflammes d'amour pour Dieu.
Le Seigneur a tant aimé les hommes qu'il les a sanctifiés par le Saint-Esprit et les a rendus semblables à lui.
Le Seigneur est miséricordieux, et à nous aussi le Saint-Esprit donne le pouvoir d'être miséricordieux.
Frères, humilions-nous et gagnons par le repentir un cœur compatissant. Alors nous verrons la Gloire du Seigneur, c'est par la grâce du Saint-Esprit que l'âme et l'esprit la connaissent.
Celui qui se repent vraiment est prêt a supporter toutes sortes de souffrances : faim et dénuement, froid et chaleur, maladie et pauvreté, mépris et persécution, injustice et calomnie, - car son âme s'élance vers le Seigneur dans une prière pure, oubliant ce qui est sur terre. Mais celui qui est attaché à ses biens et à l'argent ne pourra jamais avoir l'esprit pure en Dieu, parce que dans son âme se trouve cette constante préoccupation : que faire de cet argent ? S'il ne se repent pas sincèrement et ne s'afflige pas d'avoir offensé Dieu, il mourra dans sa passion sans avoir connu Dieu.
Lorsqu'on te prend ce que tu as, donne-le, car amour divin ne peut rien refuser ; mais celui qui n'a pas connu l'amour ne peut être miséricordieux, parce que la joie de l'Esprit Saint n'est pas dans son âme.
Si, par ses souffrances, le Seigneur nous a donné sur terre le Saint-Esprit de la part du Père, nous a donné son Corps et son Sang, il est évident qu'il nous donnera aussi tout le reste dont nous avons besoin.
Abandonnons-nous à la volonté de Dieu ; nous verrons alors la Providence divine, et le Seigneur nous donnera même ce que nous n'attendons pas. Mais celui qui ne s'abandonne pas a la volonté de Dieu, ne pourra jamais voir sa Providence à notre égard.
N'allons pas nous affliger de la perte de nos biens : l'affaire n'en vaut pas la peine. C'est mon propre père qui m'a appris cela. Quand un malheur arrivait à la maison, il restait calme. Un jour, notre maison brûla et les gens disaient : " Ivan Petrovitch, cet incendie t’a ruiné ". Mais, lui il répondait : " Avec l'aide de Dieu, je m'en remettrai ". Un jour que nous longions notre champ, je lui dis : " Regarde, on nous a volé des gerbes de blé ", et il me répondit :" Eh quoi ! mon petit, le Seigneur a fait pousser le blé pour nous ; nous en avons
assez. Mais si quelqu'un vole, c'est qu'il a besoin de manger ". Il m'arrivait de lui dire : " Tu donnes beaucoup d'aumônes, mais là-bas, ils vivent mieux que nous et donnent moins ". Mais il me répondait : " Eh bien ! le Seigneur nous donnera ce qu'il faut. " Et le Seigneur n'a pas déçu son espérance.
Dès qu'un homme miséricordieux se repent, le Seigneur lui pardonne ses péchés. Celui qui est miséricordieux ne se souvient pas du mal. Même si on l'offense ou si on lui prend ce qui lui appartient, il reste calme, car il connaît la miséricorde du Seigneur; et cette miséricorde du Seigneur, personne ne peut nous en priver, car elle vient d'en haut, elle est auprès de Dieu.
Tous les hommes chastes et humbles, obéissants, sobres et se repentant de leurs péchés sont montés aux Cieux ; ils voient notre Seigneur Jésus Christ dans la Gloire, entendent les hymnes des Chérubins et ne se souviennent plus de la terre. Mais nous, sur terre, nous sommes agités comme la poussière que soulève le vent, et notre esprit reste attaché aux choses terrestres.
Oh ! que mon esprit est faible ! Comme une petite bougie, un léger souffle suffit pour l'éteindre; mais l'esprit des Saints était enflammé comme le Buisson ardent, et ne craignait aucun vent. Qui me donnera une ferveur telle que, ni le jour, ni la nuit, l'amour du Seigneur ne me laisse de repos ! L'amour du Seigneur est brûlant. Pour lui, les saints supportaient toutes les souffrances et obtenaient le pouvoir d'accomplir des miracles. Ils guérissaient les malades, ressuscitaient les morts, marchaient sur les eaux, étaient soulevés dans les airs à l'heure de la prière ; par leur prière, ils faisaient tomber la pluie du ciel. Mais moi, ce n'est que l'humilité et l'amour du Christ que je voudrais apprendre, afin de ne blesser personne et de prier pour tous les hommes comme pour moi-même.Malheur à moi ! Moi qui aime si peu Dieu, j'écris sur l'amour de Dieu. C'est pourquoi je suis triste et affligé comme Adam lorsqu'il fut chassé du Paradis ; je sanglote et je crie :" Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de ta créature tombée. Combien de fois m'as-tu donné ta grâce, mais à cause de ma vanité je ne l'ai pas gardée. Pourtant mon âme te connaît, toi, mon Créateur et mon Dieu. C'est pourquoi je te cherche en pleurant, comme Joseph qui pleurait son père Jacob sur la tombe de sa mère, lorsqu'il fut emmené comme esclave en Égypte.
" Je t'offense par mes péchés, tu te retires de moi, et mon âme languit après toi.
" Ô Esprit Saint, ne m'abandonne pas. Lorsque tu t'éloignes, de mauvaises pensées s'approchent de moi, et mon âme tout en larmes languit après toi." Ô Toute-Sainte Souveraine, Mère de Dieu, tu vois ma tristesse : j'ai offensé le Seigneur et il m'a abandonné. Mais j'implore ta bonté : sauve-moi, moi qui suis une créature de Dieu tombée dans le péché ; sauve-moi, ton serviteur ".
Si tu penses du mal d'autrui, c'est le signe qu'un esprit mauvais vit en toi et qu'il t'inspire ces mauvaises pensées contre les gens. Et si quelqu'un meurt sans se repentir et sans pardonner à son frère, alors son âme descendra là où séjourne l'esprit mauvais qui la domine.
Nous avons cette loi : si tu pardonnes, cela signifie que le Seigneur t'a pardonne ; mais si tu ne pardonnes pas à ton frère, cela signifie que ton péché demeure en toi.
Le Seigneur veut que nous aimions notre prochain. Si tu penses que le Seigneur l'aime, cela veut dire que l'amour du Seigneur est avec toi. Si tu penses que le Seigneur aime beaucoup sa créature, si, toi-même, tu as de la compassion pour toute créature et aimes tes ennemis, et si, en même temps, tu t'estimes le pire des hommes, cela indique que la grande grâce du Saint-Esprit est avec toi.
L'homme qui porte en lui le Saint-Esprit, même si ce n'est pas en plénitude, souffre pour tous les hommes jour et nuit ; son cœur est plein de compassion pour toute créature de Dieu et surtout pour les hommes qui ne connaissent pas Dieu ou s'opposent à lui, et qui, pour cette raison, iront dans le feu des tourments. Il prie pour eux jour et nuit, plus que pour lui-même, afin que tous se repentent et connaissent le Seigneur. Le Christ a prié pour ceux qui le crucifiaient : " Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ". Étienne, le premier diacre, priait pour ceux qui le lapidaient afin que le Seigneur ne leur compte pas ce péché. Et nous, si nous voulons garder la grâce, nous devons prier pour les ennemis. Si tu n'as pas de compassion pour le pêcheur qui sera tourmenté dans le feu, c'est le signe que ce n'est pas la grâce du Saint Esprit qui est en toi, mais bien un esprit mauvais ; et tant que tu es encore en vie, efforce-toi, par le repentir, de te libérer de lui.
Donnerstag, 10. April 2014
Correction d'une personne dans l'illusion spirituelle - Staretz Païssios

-Staretz, qu'est-ce qui aidera quelqu'un qui est dans l'illusion spirituelle à retrouver ses sens?
-Il doit prendre conscience de son état misérable, il ne doit donner aucune crédibilité à toutes à ses propres pensées, et doit révéler toutes ses rêveries à son père spirituel et obéir à tout ce qu'il conseille. Il devrait constamment demander à Dieu Sa miséricorde, afin que la Grâce Divine puisse revenir. En d'autres termes, il doit s'humilier afin d'être guéri et d'être sauvé. Tu vois, les jugements, les volontés de Dieu sont un abîme... ma parole... Son amour n'a pas de limites! Il y avait quelqu'un qui avait l'habitude de venir fréquemment à la cabane, et il était toujours dans l'illusion spirituelle. Je lui disais tant de choses, mais en vain ... Il prenait tout mal. Quand il quittait la Sainte Montagne, il faisait partout des sermons et causait beaucoup de tort. Il disait qu'il avait reçu des instructions de moi, et troublait les gens. Même certains livres que je lui avais donné comme bénédiction - il les présentait afin que les gens croient qu'il cherchait mes conseils. Un jour, comme il disait des choses diverses, la Grâce Divine l'a complètement abandonné, et il a commencé à insulter gravement le Christ et la Sainte Mère de Dieu, après quoi, les gens sont devenus méfiants et se sont dispersés. Ils l'ont emmené après, dans un fourgon et l'ont enfermé dans un établissement psychiatrique. Voilà jusques où ira l'amour de Dieu: il permettra que Son Nom soit blasphémé, à condition Ses créatures soient aidées et sauvées!
-Staretz, si une personne reconnaît son illusion spitituelle et se repent, ses disciples se repentiront-ils aussi?
-S'il s'est sincèrement repenti, il doit s'humilier et leur dire qu'il a commis une erreur, puis les ramener sur la bonne voie. Mais si les tromperies d'une personne dans l'illusion spirituelle sont révélées et qu'il reste dans son délire, alors ses disciples doivent être correctement alertés. Étant donné que certaines personnes dans l'illusion spirituelle peuvent même agir à l'intérieur de l'Eglise, il y a le risque que si leurs adeptes découvrent soudain que tout ce qu'ils disaient n'était qu'illusions, ils seront scandalisés et se déracineront de l'Eglise ...
Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
«WORDS OF THE ELDER PAISIOS - Vol.3»
Mittwoch, 9. April 2014
Être orthodoxe en Occident - Archimandrite Gabriel (Bunge)
| Archimandrite Gabriel |
«Être orthodoxe en Occident», y « vivre » pleinement sa foi apostolique, est chose ardue car «l’esprit» de la culture occidentale environnante est séduisant par son caractère – apparemment – libéral, voire permissif. Son sécularisme notamment est une tentation continuelle parce qu’il a l’air, avec sa distinction entre «essentiel» et «secondaire», de rendre toute chose beaucoup plus facile. Que l’on pense seulement au jeûne. On peut aujourd’hui jeûner pour n’importe quelle raison : pour des motifs thérapeutiques ou esthétiques, parce que l’on est végétarien ou macrobiotique, ou pour n’importe quelle autre raison idéologique profane – mais point pour des motifs religieux, parce que ce serait du «fanatisme».
«Vivre sa foi orthodoxe en Occident » représente donc un défi : d’abord pour soi-même, parce que l’on est sollicité de connaître beaucoup mieux cette foi que cela n’était nécessaire dans le pays d’origine où bien des choses allaient de soi. Un défi silencieux ensuite pour les concitoyens qui sont habitués à vivre dans un milieu sécularisé où la foi ne joue plus aucun rôle ou seulement sous la forme de «convictions» anodines. Mais un défi salutaire aussi pour les autres chrétiens qui se rendent bien compte d’être désormais une minorité marginalisée et à peine tolérée, mais qui ne comprennent souvent pas les raisons de cette évolution et voient encore moins une voie d’issue.
Ce n’est pas faire du « prosélytisme » que de les prendre par la main et de leur dire : « Regardez comme est belle et salutaire la Tradition apostolique que nous avions jadis en commun! »C’est simplement un acte de charité chrétienne. Ce n’est pas du prosélytisme non plus que de dire : Regardez cette Tradition apostolique est toujours vivante et elle produit toujours des saints qui ne le cèdent en rien aux saints de l’Église indivise, et de leur faire connaître les Vies et les écrits des grands saints, confesseurs et martyrs de notre époque, d’ailleurs déjà très répandus.
La sollicitude avec laquelle les orthodoxes vont à la découverte de «l’Orthodoxie occidentale», l’avidité avec laquelle les chrétiens de l’Occident lisent la littérature orthodoxe, aidera donc les uns et les autres à prendre conscience de la vraie universalité de la foi. Car, rappelons-le, les Églises orthodoxes ne sont point simplement des «Églises orientales», comme on a l’habitude de le dire en Occident, donc des Églises un peu «exotiques» que l’on pourrait cantonner dans l’Orient géographique.
Ce service authentiquement «œcuménique» du chrétien orthodoxe présuppose l’humble maintien de la Tradition apostolique, écrite ou non écrite, sans concessions à l’esprit du temps. Comme l’avait dit jadis un des Pères: Tous ne savent pas pourquoi nous faisons telle ou telle chose, mais tous doivent le faire – et j’ajouterais: il y a toujours temps d’apprendre pourquoi nous faisons telles ou telle chose! Car, comme l’a dit si bien saint Photius, «l’abolition des petites choses transmises par la Tradition conduit au mépris complet des dogmes». S’il fallait une preuve de la vérité de cette affirmation, c’est le sécularisme qui afflige les chrétiens d’Occident qui nous la donne. Que Dieu nous en préserve !
+ Gabriel (Bunge)
Archimandrite du grand habit
(Genève-Chambésy, 17 mai 2012 , Conférence du Père Gabriel BUNGE)
Dienstag, 8. April 2014
L'amour de Dieu et l'amour du prochain s'impliquent l'un d'autre - Saint Dorothée de Gaza
"Plus on est uni au prochain,
plus on est uni à Dieu."
Pour que vous compreniez le sens de cette parole, je vais vous donner une image tirée des Pères.
Supposez un cercle tracé sur la terre, c' est à dire une ligne tirée en rond avec un compas, et un centre.
On appelle précisément centre le milieu du cercle. Appliquez votre esprit à ce que je vous dis. Imaginez que ce cercle, c' est le monde; le centre, Dieu; et les rayons, les différentes voies ou manières de vivre des hommes.
Quand les saints, désirant s' approcher de Dieu, marchent vers le milieu du cercle, dans la mesure où ils pénètrent à l' intérieur, ils se rapprochent les uns des autres en même temps que le Dieu. Plus ils s' approchent de Dieu, plus ils s' approchent les uns des autres; et plus ils se rapprochent les uns des autres, plus ils s' approchent de Dieu.
Et vous comprenez qu' il en est de même en sens inverse, quand on se détourne de Dieu pour se rétirer vers l' extérieur. Ils est évident alors que, plus on s' éloigne de Dieu, plus on s' eloigne les uns des autres, et que plus on s' éloigne les uns des autres, plus on s' éloigne aussi de Dieu.
Telle est la nature de l' amour. Dans la mesure où nous sommes à l' extérieur et que nous n' aimons pas Dieu, dans la même mesure nous avons chacun de l' éloignement vis-à-vis du prochain. Mais si nous aimons Dieu, autant nous approchons de Dieu par l' amour pour lui, autant nous sommes unis à l' amour du prochain, et autant nous sommes unis au prochain, autant nous le sommes à Dieu.
Extrait de Dorothée de Gaza, Instructions spirituelles, "Sources Chrétiennes" No 92
Ed. du Cerf, Paris, 1963, chap. 78, p.285-287.
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