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Dienstag, 22. April 2014

Lettre sur la crainte par mère Gabrielle (Papayannis)

La crainte du Seigneur est le principe du savoir (Proverbes 1,7)
Ne crains pas, petit troupeau (Luc 12,32)
L’Amour parfait exclut la crainte (1 Jean 4,18)
Dieu est Amour (1 Jean 4,16)
On trouve chez l’Homme plusieurs formes de crainte :
1) " Je vais faire quelque chose que l’autre ne veut pas et il va me punir, me nuire "... (par exemple, l’écolier) ; 2) " Parce que j’aime beaucoup cette personne, je ne veux pas lui faire de peine " ... (par exemple, l’enfant par rapport à sa mère) ; 3) " Si je fais ceci, je perdrai l’intérêt et la bienveillance de la part de l’autre "... (très mesquin, peur humiliante).
La crainte est la source de beaucoup de maux pour le caractère : elle le rend hypocrite, menteur, de mauvaise foi. Souvent, ce sentiment humiliant de peur altère notre caractère : " Qu’en dira-t-on de moi ? " ; et nous trahissons ainsi l’Amour de Dieu pour plaire aux hommes. C’est une Hydre de Lerne [monstre mythique, serpent à plusieurs têtes] que cette peur : " Que va dire le monde... " Mais quel est ce monde ? Est-il votre idéal ? Aimeriez-vous être comme lui ? Si vous vous posiez avec sincérité la question, vous diriez Non. Par conséquent, pourquoi trahissez-vous l’Amour de Dieu et Sa Vérité pour lui ? Dieu dit : " Vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous rendra libres " (Jn 8,32).
La crainte est la première passion... C’est vrai que nous avons assez parlé de la peur de ce monde à cause de laquelle nous perdons notre équilibre. Pourtant, nous montons dans un taxi et nous croyons que le conducteur ne va pas cogner contre un arbre. Nous prenons l’avion et nous pensons que le pilote ne manquera pas de maîtrise – sinon nous serons tous perdus. Je connais un archevêque qui a eu un accident de voiture en plein désert et qui, les yeux remplis de petits débris de verre, n’avait pas eu peur et priait pour que la volonté de Dieu se fasse dans sa vie... et les docteurs ont vu, stupéfaits, s’achever ce miracle de guérison. Ou alors, vous voyez cinquante morts dans un accident d’avion et une petite fille se lancer du hublot - vivante !
Dans cette vie où seuls nos organes nous informent de tout, si nous n’appliquons pas ce que le Christ a dit : " Demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira " (Mt 7,7), nous ne pourrons pas nous libérer de cette crainte innée en nous. Crainte pour quoi ? Pour l’inconnu, pour l’invisible, pour cet état d’après la mort. Car depuis son enfance même, l’Homme a la sensation d’être un ange déchu du ciel. […] C’est la peur innée qu’a l’Homme déchu. Puis le Sauveur vient et te dit " Sois sans crainte, crois seulement " (Mc 5,36).
C’est pour cela que je dis que nous avons besoin de trois choses. D’abord la Foi, deuxièmement la Foi et troisièmement la Foi. Que Dieu nous accorde la grâce de ne jamais dire : "  Je crois ! Aide-moi car je manque de foi " (Mc 9,24). JAMAIS ! Que nous a-t-il dit ? " Ô femme, grande est ta Foi ! Qu’il t’arrive comme tu le veux " ! (Mt 15, 28). Et à un autre : " Tu crois que tu te rétabliras " ? " Je le crois "... Et il guérit sur le champ... " Est-ce que tu crois que tu vas voir de nouveau " ? " Je le crois "... Et les yeux de l’aveugle s’ouvrirent. À l’apôtre Thomas, qu’a-t-il dit ? " Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu " (Jn 20,29). J’ajoute personnellement et humblement : parce qu’ils vont voir, maintenant et à partir de ce monde.
Que dire encore ? Est-ce que je dois vous parler du petit enfant dans les bras de sa mère, dans le bus qui cahotait ? Sa petite tête était penchée sur le cou de sa mère. Il dormait. Il ne se souciait de rien. Il avait l’assurance de l’amour. Donc ? Si quelqu’un peut donner cette assurance, combien plus Dieu, qui est Amour ? Quand j’ai commencé à voyager à l’étranger, sans connaître personne et sans moyens financiers qui m’a donné l’assurance que je ne serai pas chassée, que je ne saurai où aller, que je ne tomberai pas malade, que je ne serai pas mendiante ?
Non ! Le chrétien ne sera jamais mendiant ! Car Dieu ne l’abandonne pas ! Il lui donne le pain quotidien par son travail, la sueur de son front, ou de n’importe quelle autre façon... Pendant les cinq années que j’ai vécues en Inde, dans des températures variant de -10°C à +40°C, pas une fois je n’ai eu un rhume, ou une dysenterie à cause de la nourriture que je mangeais... Comment l’homme peut-il ne pas croire quand il assiste à tant de miracles ?
Mais comment peut-il les voir s’il ne croit pas auparavant ? Vous, mes chers frères, vous avez entendu parler des histoires de la rue Midias, et comment je me suis retrouvée ici. C’est simple, j’étais sûre que ce que j’attends et ce dont j’ai besoin, Dieu va me l’envoyer. Quand nous prions et disons " Que ta volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel ", si vraiment nous croyons, elle se fera. Pas seulement en ce qui nous concerne, mais pour tous. C’est notre prière. Et non pas : " Je le veux pour l’autre, car je crois que c’est juste ainsi. " Seul Dieu sait ce qu’il lui faut. Aussi, " Que ta volonté soit faite pour un tel, pour un autre "... C’est aussi notre prière. Que dire encore ? Quand nous suivons les commandements de Dieu, quand nous lisons tous les jours les Évangiles, nous trouverons la sagesse de Dieu directement dans notre cœur. Pas avec la philosophie, la logique et le cerveau. Nous serons alors si paisibles... Nous n’aurons besoin d’aucun autre livre ou enseignement, où se trouve l’ego de l’écrivain ou de l’orateur. Le Seigneur donne une inspiration différente à chacun de nous, en rapport à ce que nous pouvons accepter et au Dessein de Dieu pour nos vies...
Une autre forme de peur, c’est la peur de la mort. " Ah ! Je vais tomber malade... où irai-je ? À quel hôpital ?... Qu’est-ce qui m’attend là ?... On va me traiter mal... On va me demander de l’argent, de l’argent... et quand je n’en aurai plus... que se passera-t-il ? Comment irai-je à l’étranger où là seulement on guérit le monde " ? Pauvres créatures ! Elles ne savent pas que la main de Dieu tient celle du docteur ! Et que les épreuves qu’elles doivent passer, elles les passeront ! Les plus grandes guérisons que j’ai vues dans ma vie, étaient celles d’un médecin cupide ! J’ai demandé à mon ange gardien : " Comment se fait-il que Dieu permette à ce médecin tout cela " ? La réponse a été : " Dieu aide le souffrant qui doit guérir et laisse le médecin rendre compte de ses actes à un autre moment "... Nous investissons à la banque, investissons, investissons... C’est à ce moment que commence notre épouvante ! " Le dollar est en hausse, le franc en baisse... Que va-t-il se passer si nous perdons ? Où irons-nous si une guerre éclate ?... Sauvons notre corps ! " Ah ! Ne souffrons pas... : " Une fin chrétienne, sans douleur, sans honte, paisible " [ecténie des demandes]. Nous le demandons avec effroi. À QUI ? À celui dont la fin de sa vie a été douloureuse, honteuse. Que Dieu nous pardonne ! Aussi le Alpha et le Oméga est : " Je crois Seigneur, je t’aime et j’essaie jour et nuit d’appliquer ton premier commandement ". Tout le reste lui appartient. Pas à moi. Ni quand, ni où, ni comment. J’ai parlé ainsi à mon Bien-Aimé [Dieu, cf. le Cantique] et il a envoyé son émissaire à mes côtés, pour que je continue à vivre dans l’insouciance, aux pieds du Christ, jour et nuit. Amen.

Mère Gabrielle
Léros, le 15 février 1992.


Donnerstag, 17. April 2014

NOSTALGIE DE DIEU - SAINT SILOUANE DE L'ATHOS


Mon âme languit après le Seigneur, et je Le cherche avec des larmes.
Comment pourrais-je ne pas Te chercher ? Toi le premier, Tu m'as trouvé. Tu m'as donné de vivre la douceur de ton Saint-Esprit, et mon âme T'a aimé.
Tu vois, Seigneur, ma peine et mes larmes... Si Tu ne m'avais pas attiré par ton amour, je ne Te chercherais pas, comme Je Te cherche. Mais ton Esprit m'a donné de Te connaître, et mon âme se réjouit que, Toi, Tu sois mon Dieu et mon Seigneur, et, jusqu'aux larmes, je languis après Toi.
Mon âme languit après Dieu, et elle Le cherche avec des larmes.
Seigneur miséricordieux, Tu vois ma chute et ma douleur ; mais, humblement, j'implore ta clémence : répands sur le pécheur que je suis la grâce de ton Saint-Esprit, Son souvenir porte mon esprit à trouver de nouveau ta miséricorde.
Seigneur, donne-moi ton humble Esprit pour que je ne perde pas à nouveau ta grâce, et que je ne me lamente pas comme Adam qui pleurait Dieu et le Paradis perdu.



Donnerstag, 10. April 2014

Correction d'une personne dans l'illusion spirituelle - Staretz Païssios



-Staretz, qu'est-ce qui aidera quelqu'un qui est dans l'illusion spirituelle à retrouver ses sens?


-Il doit prendre conscience de son état misérable, il ne doit donner aucune crédibilité à toutes à ses propres pensées, et doit révéler toutes ses rêveries à son père spirituel et obéir à tout ce qu'il conseille. Il devrait constamment demander à Dieu Sa miséricorde, afin que la Grâce Divine puisse revenir. En d'autres termes, il doit s'humilier afin d'être guéri et d'être sauvé. Tu vois, les jugements, les volontés de Dieu sont un abîme... ma parole... Son amour n'a pas de limites! Il y avait quelqu'un qui avait l'habitude de venir  fréquemment à la cabane, et il était  toujours dans l'illusion spirituelle. Je lui disais tant de choses, mais en vain ... Il prenait tout mal. Quand il quittait la Sainte Montagne,  il faisait partout  des sermons et causait beaucoup de tort. Il disait qu'il avait reçu des instructions de moi, et troublait les gens. Même certains livres que je lui avais donné comme bénédiction - il les présentait afin que les gens croient qu'il cherchait mes conseils. Un jour, comme il disait des choses diverses, la Grâce Divine l'a complètement abandonné, et il a commencé à insulter gravement le Christ et la Sainte Mère de Dieu, après quoi, les gens sont devenus méfiants et se sont dispersés. Ils l'ont emmené après, dans un fourgon et l'ont enfermé dans un établissement psychiatrique. Voilà jusques où ira l'amour de Dieu: il permettra que Son Nom soit blasphémé, à condition Ses créatures soient aidées et sauvées!

-Staretz, si une personne reconnaît son illusion spitituelle et se repent, ses disciples se repentiront-ils aussi?

-S'il s'est sincèrement repenti, il doit s'humilier et leur dire qu'il a commis une erreur, puis les ramener sur la bonne voie. Mais si les tromperies d'une personne dans l'illusion spirituelle sont révélées et qu'il reste dans son délire, alors ses disciples doivent être correctement alertés. Étant donné que certaines personnes dans l'illusion spirituelle peuvent même agir à l'intérieur de l'Eglise, il y a le risque que si leurs adeptes  découvrent soudain que tout ce qu'ils disaient n'était qu'illusions, ils seront scandalisés et se déracineront de l'Eglise ...


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
«WORDS OF THE ELDER PAISIOS - Vol.3»

Mittwoch, 9. April 2014

Être orthodoxe en Occident - Archimandrite Gabriel (Bunge)

Archimandrite Gabriel 
«Être orthodoxe en Occident», y « vivre » pleinement sa foi apostolique, est chose ardue car «l’esprit» de la culture occidentale environnante est séduisant par son caractère – apparemment – libéral, voire permissif. Son sécularisme notamment est une tentation continuelle parce qu’il a l’air, avec sa distinction entre «essentiel» et «secondaire», de rendre toute chose beaucoup plus facile. Que l’on pense seulement au jeûne. On peut aujourd’hui jeûner pour n’importe quelle raison : pour des motifs thérapeutiques ou esthétiques, parce que l’on est végétarien ou macrobiotique, ou pour n’importe quelle autre raison idéologique profane – mais point pour des motifs religieux, parce que ce serait du «fanatisme». 

«Vivre sa foi orthodoxe en Occident » représente donc un défi : d’abord pour soi-même, parce que l’on est sollicité de connaître beaucoup mieux cette foi que cela n’était nécessaire dans le pays d’origine où bien des choses allaient de soi. Un défi silencieux ensuite pour les concitoyens qui sont habitués à vivre dans un milieu sécularisé où la foi ne joue plus aucun rôle ou seulement sous la forme de «convictions» anodines. Mais un défi salutaire aussi pour les autres chrétiens qui se rendent bien compte d’être désormais une minorité marginalisée et à peine tolérée, mais qui ne comprennent souvent pas les raisons de cette évolution et voient encore moins une voie d’issue. 
 
Ce n’est pas faire du « prosélytisme » que de les prendre par la main et de leur dire : « Regardez comme est belle et salutaire la Tradition apostolique que nous avions jadis en commun! »C’est simplement un acte de charité chrétienne. Ce n’est pas du prosélytisme non plus que de dire : Regardez cette Tradition apostolique est toujours vivante et elle produit toujours des saints qui ne le cèdent en rien aux saints de l’Église indivise, et de leur faire connaître les Vies et les écrits des grands saints, confesseurs et martyrs de notre époque, d’ailleurs déjà très répandus. 
 
La sollicitude avec laquelle les orthodoxes vont à la découverte de «l’Orthodoxie occidentale», l’avidité avec laquelle les chrétiens de l’Occident lisent la littérature orthodoxe, aidera donc les uns et les autres à prendre conscience de la vraie universalité de la foi. Car, rappelons-le, les Églises orthodoxes ne sont point simplement des «Églises orientales», comme on a l’habitude de le dire en Occident, donc des Églises un peu «exotiques» que l’on pourrait cantonner dans l’Orient géographique. 
 
Ce service authentiquement «œcuménique» du chrétien orthodoxe présuppose l’humble maintien de la Tradition apostolique, écrite ou non écrite, sans concessions à l’esprit du temps. Comme l’avait dit jadis un des Pères: Tous ne savent pas pourquoi nous faisons telle ou telle chose, mais tous doivent le faire – et j’ajouterais: il y a toujours temps d’apprendre pourquoi nous faisons telles ou telle chose! Car, comme l’a dit si bien saint Photius, «l’abolition des petites choses transmises par la Tradition conduit au mépris complet des dogmes». S’il fallait une preuve de la vérité de cette affirmation, c’est le sécularisme qui afflige les chrétiens d’Occident qui nous la donne. Que Dieu nous en préserve ! 
 
 
 + Gabriel (Bunge) 
 Archimandrite du grand habit

(Genève-Chambésy, 17 mai 2012 , Conférence du Père Gabriel BUNGE)

Montag, 7. April 2014

MÉDITATION ( tirée du starets Thaddée)

Le Starets THADDÉE de Vitovnica (1914-2003), est un moine serbe formé dans tradition des startsi dOptino à la spiritualité orthodoxe. Les textes ci-dessous sont tirés de ses écrits, enseignements, homélies et entretiens. Il fait parti des grands spirituels orthodoxes du 20ème siècles. 
Manastir Vitovnica

Qui était le Père Thaddée 

Tomislav Strbulovic (qui deviendra le moine Thaddée) est né en 6/19 octobre 1914, le jour de la saint Thomas, de parents agriculteurs originaire du village de Vitrovnica. il fut baptisé aussitôt. Dés sa naissance il eut une santé fragile. A cause de cela il fut souvent en butte aux moqueries et aux réflexions désagréables.
Alors, dans son coeur d'enfant angoissé naît le sentiment céleste de non-appartenance à ce monde ainsi que le désir mystérieux de se sortir de ce monde de chagrin et de tristesse, de se consacrer entièrement à Dieu et de rechercher la paix et la joie uniquement en Lui, le doux Seigneur qui seul réconforte Ses martyrs.
Dieu a illuminé son esprit d'enfant lui montrant que toute la vie terrestre n'est que service et qu'il n'existe pas d'autre vie que celle consacrée à servir au milieu de longs malheurs et de souffrances.(...)
Pendant ses années de travail il tombe malade des poumons (on sait que les âmes très sensibles, qui endurent beaucoup de choses intérieurement, sont souvent exposées aux maladies pulmonaires).
Son Père spirituel, le Père Ambroise, lui avait dit : "Quoi que tu fasses, ne cesse de dire en toi : " Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi !", et il obéit de tout son coeur.
 Condamné par le médecin à n'avoir plus que cinq ans de vie (un pronostic qui, grâce à Dieu allait se révéler faux), il décide de se détacher de ce monde et de se consacrer à Dieu d'une manière radicale, il devient Moine.
La spiritualité du starets Thaddée se situe dans une large mesure, dans la lignée de celles des startsi d'Optino et du monastère de Valaam. Cependant, en vertu de son histoire, de sa personnalité et de son expérience acquise au cours des ans, il leur donna une marque spéciale.

Le "combat contre les pensées (négatives)" et la vigilance (nepsis) par rapport à toutes les pensées, qui sont des dimensions importantes de la spiritualité hésychaste traditionnelle, occupent dans l'enseignement du starets Thaddée une place centrale, avec l'idée forte que chacune de nos pensées (pensées au sens propre, mais aussi représentations, imaginations et intentions) a, selon sa qualité spirituelle positive ou négative, une influence directe (le plus souvent inconsciente) sur notre état intérieur, mais aussi sur celui des personnes de notre entourage (et même sur celui des animaux et des plantes qui se situent dans notre environnement)
Par le contrôle spirituel de nos pensées (acquis par une conjugaison de notre effort personnel et de la grâce divine), nous pouvons donc agir positivement sur nous-mêmes, mais aussi sur les êtres qui nous entourent et ainsi nous transformer et transformer notre environnement dans un sens conforme au projet bon de Dieu à l'égard de tous. (...)
Alors que les notions d'énergies positives et négatives, de maîtrise des pensées et de sérénité trouvent, à travers le mouvement (dangereux. Voir le livre du Père Séraphim Rose)) New Age  et les spiritualités de l'Extrême-Orient (en particulier le bouddhisme) un écho important dans le monde actuel, cette façon qu'a le starets Thaddée de revisiter la spiritualité hésychaste et de présenter une vision renouvelée de la spiritualité chrétienne tout en préservant les fondements traditionnels, devraient susciter l'intérêt de nos contemporains.
La voie proposée par le Père Thaddée est ouverte à tous. Le Père Thaddée n'est pas un grand théologien, mais comme la plupart des starsi, un homme d'expérience, offrants aux autres, par ses paroles simples et surtout par son exemple, ce qu'il avait lui-même expérimenté et éprouvé, et dont il avait reçu la confirmation par la grâce et les charismes qui l'accompagnent.
Le Père Thaddée n'était pas un surhomme, mais c'était un homme à bien des égards fragile psychologiquement, ayant eu une enfance difficile et par quelques aspects traumatisante, beaucoup de problèmes de santé, une longue dépendance à l'égard du tabac (inaccoutumée dans le monachisme orthodoxe, mais s'expliquant par le contexte sociologique de l'époque), assumant difficilement la tâche d'higoumène (Abbé d'une communauté monastique) qui lui était confiée quel qu'en fût le lieu et s'en plaignant fréquemment, souvent en proie au doute sur lui-même et au découragement...
Il est profondément touchant par ses faiblesses humblement et ingénument confessées, par sa réserve, sa véritable modestie, son humilité, sa délicatesse d'âme, sa patience, son indulgence et sa douceur...Il est une preuve vivante que Dieu vient au secours de la faiblesse de l'homme qui la reconnaît devant Lui (Rom 8, 26) et développe Sa puissance à travers elle (2 Col 12, 9).

Le Père Thaddée a fait maintes fois l'expérience de la plénitude de la grâce (qu'il appelle avec simplicité et humilité "la grâce gratuite", pour exprimer le fait que Dieu la donne aux hommes sans qu'ils l'aient méritée et d'une façon inattendue) que les Pères grecs appellent plérophoria; il a reçu le charisme du discernement spirituel grâce auquel il a pu lire dans les coeurs de ceux qui s'adressaient à lui et les guider de manière sûre.
Par la grâce du Saint Esprit qui l'habitait, starets était toujours paisible, lumineux et joyeux.
La charge d'higoumène fut pour lui, malgré sa grande obéissance à son évêque, une très lourde épreuve tout au long de sa vie : La charge d'higoumène (abbé de communauté monastique) me fut toujours très lourde à porter car j'étais obligé de fixer mes pensées sur des préoccupations matérielles et des problèmes humains concernant les membres de la communauté... Je perdais ainsi sans cesse la grâce gratuite que j'avais reçu comme novice. Cela provoquait de nouveaux problèmes dans ma vie spirituelle tout en détruisant mon état de santé. Une nouvelle maladie était apparue, mes nerfs avaient craqué."
Ce combat dans l'amour avec Dieu dura des décennies. "Si nous ne nous apaisons pas de nous-mêmes, Dieu ne cessera pas d'agir en vue de nous apaiser" (...)
En 1972 l'higoumène Thaddée est nommée higoumène au monastère de Pokajnica. Il a peur des épreuves qu'il aurait éventuellement à subir du fait des membres de ce monastère. Le Seigneur lui apparaît dans son sommeil et le mit en garde et dit : "Tu dois savoir que toute tâche qui t'a été imposée doit être réalisée avec beaucoup d'amour, de ferveur et de dévouement, sans faire attention à la jalousie de certains et au mal qui t'entourent et t'agressent." Puis le Seigneur, à trois reprises le mùarqua du signe de la Croix de la tête au pieds, pris l'épitrachlilion et le mit sur sa tête en disant "Voici la Croix que tu dois porter."

Le Père Thaddée eut un premier infarctus en 1992, puis  un second en 1996.
                      
                                                 Starets THADDÉE


Réflexion: Dans notre vie, dans notre quotidien chacun de nous s'efforce de bien agir, nous souhaitons que les jours soient paisibles et doux, mais bien souvent il arrive que surgissent des obstacles. Sommes-nous coupables de cela ou quelque chose d'autre entre-t-il en compte ?
 Nous souhaitons assurer notre salut mais nous avons des adversaires qui ne cessent de nous combattre: ce sont les esprits du mal. Ceux qui s'efforcent d'agir bien éprouvent de nombreuses tentations. Il en est ainsi parce que nous sommes orgueilleux; il faut nous affranchir de l'orgueil et nous apaiser... Si nous ne voulons pas nous apaiser, Dieu ne cessera pas de laisser les esprits nous dresser des obstacles et nous barrer la route en permanence. Nous devons passer à travers de nombreuses et malheurs.

Les tentations ne commencent qu'après le baptême:
Il est nécessaire de s'apaiser, car une fois que nous sommes apaisés, le diable n'a plus la force de lutter contre nous. Aucun malheur ne voudra plus rien dire pour nous. Comme le disent les Saints Pères: "Voici à quoi nous saurons que nous sommes aimés de Dieu: au fait qu'Il nous conduit à travers de nombreuses souffrances, tourments et douleurs infligées au coeur."

Seul le Seigneur est en mesure de nous aider à trouver la paix:
Si nous nous adressons de tout notre coeur au Seigneur, notre prière sera exaucée. Le Père Dorothée disait: " Je ne savais quoi faire, je voyais que j'étais orgueilleux, je priais mais restais orgueilleux. J'ai fini par comprendre que seul le Seigneur est humble; à la fois puissant et humble, Il est seul capable de m'aider à trouver la paix."
Vous voulez savoir combien vous êtes orgueilleux ? Quand quelqu'un vous envoie une pique au plus profond du coeur, songez à la violence qui se réveille alors en vous, et vous verrez combien vous êtes orgueilleux ! (...)

Il n'es jamais trop tard pour se repentir.
 Il faut préserver la paix du coeur et prendre soin du coeur. On doit veiller à ce que la paix et le silence y règne et ne pas prendre garde aux circonstances dans lesquelles ont vit, faute de quoi on s'empêtre dans des énergies négatives environnantes.(...)

Il faut endurer beaucoup et pardonner beaucoup.
Il faut à tout prix sauvegarder la paix du coeur et la paix des esprits au sein de la famille ou de la communauté des moines. Aussi est-il nécessaire d'endurer beaucoup et de pardonner beaucoup.(...)

Après le Seigneur, nous n'avons pas de bonheur plus grand que ceux que Dieu nous a donner d'aimer et nos parents.
Après le Seigneur Christ, nous n'avons pas de bonheur plus grand que ceux que Dieu nous à donner à aimer et que nos parents. (...) Les parents et les enfants que Dieu nous confie sont un instrument entre les mains du Seigneur. (...)
Quand l'homme se refuse à entendre, il est vain de parler.
 C'est en vain qu'on explique à quelqu'un que Dieu est présent partout et qu'Il est Celui qui donne la vie, si cette personne ne veut même pas en entendre parler.

Il est important de se relever toujours et de poursuivre son chemin vers Dieu.
 Nous ne cessons de commettre des péchés, de glisser et de chuter. En fait, nous tombons ainsi dans des traquenards tendus par le démon. Les saints soulignent qu'il importe de se relever toujours et de poursuivre son chemin vers Dieu. Peu importe qu'on ait chuté cent fois dans la journée: il faut se relever et continuer d'aller de l'avant, sans regarder en arrière. Ce qui a été et appartient au passé. Il s'agit seulement d'avancer et de prier pour obtenir l'aide du Seigneur.

Ce n'est pas importuner le Seigneur que de se plaindre sans cesse auprès de Lui:
 Nous importunons le Seigneur en commettant des péchés, non en nous adressant à Lui comme à notre proche parent. Le Seigneur aime qu'on l'invoque sans cesse et que l'on épanche son coeur auprès de Lui. La prière n'est pas quelque chose qui commence et qui s'achève, et c'est fini. Se tenir devant l'Icône, dire ce qu'on a à dire puis poursuivre son chemin, ce n'est pas cela la prière.
La prière attire la bénédiction sur la maison.
 N'accordez pas trop d'importance aux évènement extérieurs. Soyez d'avantage à l'intérieur, dans le coeur, avec le Seigneur, et laissez les évènements extérieurs suivre leur cour. Soyez seulement aimables, calmes et doux à l'égard de tous.(...) Il est très important qu'il y ait dans une maison au moins une personne ayant l'habitude de prier. La prière attire la bénédiction sur la maison. Tous les membres du foyer familial le ressentent. Même ceux dont le coeur s'est refroidi le ressentent. C'est pourquoi il faut prier sans cesse.
En priant pour quelqu'un nous assumons ses souffrances. Un coeur compatissant souffre tout particulièrement en assumant les souffrances d'autrui.

III - La centurie de Vitovnica.
2- Le mal qui existe n'a pas été créé par Dieu. Le mal est issu des esprits qui se sont détachés de l'amour de Dieu pour se tourner vers eux-mêmes, restant dans l'insoumission et se mettant à ratiociner.
(...)
5-Comment la jalousie agit-elle ? L'esprit diabolique de jalousie ne cesse de lutter contre la justice, contre Dieu. (...) La jalousie ne cesse d'envier chacun à tout propos.
6-Saint Nil le Myroblite affirme lui aussi que la jalousie est la marque de l'Antéchrist dans le coeur humain. On voit quelle chose horrible cela représente pour nous.
14-...il faut nous soigner et ne pas laisser la jalousie envahir notre coeur, car elle détruit la paix intérieure et le repos de l'âme.(...) Il nous faut donc être sans cesse en prière et refuser d'entendre les suggestions de l'esprit de jalousie.
25-(...) la prière nous est indispensable, aussi brève soit-elle, afin que dès notre lever, dès la sortie de nos rêves, nous exprimions aussitôt notre reconnaissance à Dieu pour nous avoir accordé la grâce d'avoir vécu la nuit écoulée.
30-L'amour de Dieu ne tolère pas l'égoïsme.
33-Celui qui a trouvé l'apaisement ne s'interroge plus sur lui-même comme s'il était quelque chose, alors qu'il sait qu'il n'est rien. (...)
 39-Il faut rejeter de tout coeur les plans et les ambitions terrestres;   ce n'est qu'alors que nous pourrons avec le Seigneur, aimer sincèrement nos proches. (...)
76- Il faut rester naturel et modeste ; dès que quelqu'un devient vaniteux, on voit sur sa personne que son comportement est lié aux esprits déchus qui tournent autour de lui.

NOTE: Tous ces textes sont tirés, pour notre profit spirituel, du livre:  PAIX ET JOIE DANS LE SAINT ESPRIT.  STARETS THADDÉE  aux Éditions l'AGE D'HOMME. 
http://fraterniteorthodoxedenime.blogspot.de/